5 jours sans manger

5 jours sans manger
16 mars 2018 Cécile Hamet

Peu de temps après avoir pris la décision d’inclure le jeûne dans mon quotidien (cf article Le jour où j’ai décidé de jeûner), toutes les circonstances étaient réunies pour me lancer dans un jeûne de plusieurs jours.
J’avais alors en tête trois jours. Trois jours. 72 heures.

 

Avant de commencer

J’ai eu besoin de lire beaucoup et de visionner de heures de documentaires et des témoignages, jusqu’à ce que j’ai l’impression de ne plus rien apprendre de nouveau. Toute cette récolte d’informations a nourri et gonflé ma motivation à bloc ! C’est un point crucial pour moi. J’ai vraiment besoin d’avoir tous les niveaux d’engagement, d’enthousiasme et de détermination à 100% avant de sauter dans le bain. Ça me rassure sur ma capacité à tenir sur la durée.
Au niveau logistique, tout était balisé. J’avais devant moi une bonne semaine où j’allais être complètement seule et sans aucune obligation. Je savais que je jeûnerai pendant 3 jours, sans avoir défini la date exacte.

Stop !

Un lundi. À la fin de mon déjeuner, je sens que ça y est, c’est le bon moment. C’était mon dernier repas avant jeudi midi ! Alors je précise que déjà là, il y a une chose qui diffère avec tout ce que j’ai pu lire ou entendre. En effet, il est recommandé de procéder en « descente » au moins sur la même durée du jeûne. Donc concrètement, trois jours avant de me lancer j’aurais dû commencer à diminuer la variété et la quantité de nourriture.
Malheureusement, là où j’en suis à ce moment là de ma vie me rend complètement incapable et de me fixer une date à l’avance, et de manger en pensant au jeûne à venir. Ma solution a donc été d’arrêter d’un coup. En même temps, en général j’ai une alimentation plutôt riche en fruits et légumes ponctuée par des phases d’intense plaisir autour du pain, beurre, fromage etc. Je mange beaucoup mieux qu’à une certaine époque.

Lundi

Jusqu’au soir c’est très simple. Je surfe sur la vague d’enthousiasme et de joie qui émane du fait d’avoir commencé l’aventure ! Je mets aussi cela sur le compte de mon expérience avec le jeûne intermittent. J’ai l’impression de gagner en souplesse et en acceptation des sensations. Dans l’après-midi, je prends du psyllium pour accompagner en douceur le nettoyage des intestins.
Je me couche sereine et joyeuse. Quelques heures plus tard, je suis réveillée comme si j’avais fini ma nuit. Je décide de bouquiner, puis de regarder des vidéos -toujours sur la thématique du jeûne- :D. Je me rendors seulement à 7 h et je me réveille à 10 h.

Mardi

Je me sens un peu faible au réveil mais en forme quand même. Je sens une montée d’énergie, alors je m’active un ménage du sol au plafond. Jusque 15 heures, le temps file. J’abats une quantité de travail impressionnante. Je savoure ! Quel gain de temps et d’énergie c’est formidable ! 🙂 Ouaouh ! Sûrement la meilleure période de ce jeûne.
Après 15 h, ça devient délicat, petite baisse de régime (ha ha !). Je prends du psyllium une nouvelle fois. Depuis hier je ne suis pas allée aux toilettes. J’ai un peu mal à la gorge. Je n’arrive plus à me concentrer. Lentement j’entre en mode larve…
Je me couche et je me réveille vers 1 h 30. Impossible de me rendormir. Ça m’agace franchement parce que toutes les personnes qui témoignent disent qu’elles dorment comme des bébés… ben pas moi ! Et c’est d’autant plus énervant qu’une bonne nuit c’est 10 h sans être en train de penser qu’on est en train de jeûner ! Et que l’objectif de ce jeûne c’est de recharger les batteries aussi, si c’est pour finir plus naze qu’avant, merci ! Pour faire passer l’énervement, j’avance sur un bouquin : un roman que j’ai sur ma table de chevet depuis l’été.
Je réussis à m’endormir vers 6 h 30 et je me réveille quelques heures plus tard…

Mercredi

… J’ouvre les yeux et je me sens troooooop mal ! Comme une hypoglycémie, vertiges, nausées, complètement en vrac, fourmillements. J’ai lu que pour alléger ce genre de symptômes on peut boire un petit peu de jus d’orange pressé dans 1 L d’eau. J’arrive à descendre du lit et à me préparer la boisson. Je suis écœurée au bout de quelques gorgées, ça me semble hyper goûteux et trop sucré… Beurk ! Il n’empêche que je me sens un peu mieux. J’arrive à travailler un peu, à lire etc. mais je constate que mes capacités de concentration sont réduites. J’ai toujours mal à la gorge.
Je décide d’aller marcher pour avoir une activité physique et aussi pour masser mes intestins qui n’ont rien évacué depuis lundi. Ça commence à me turlupiner.
Je réfléchis et je remarque que pendant ces trois jours j’ai surtout morflé. Pendant mes éveils de nuit où j’ai continué de lire et de scruter les témoignages, j’arrêtais pas de lire qu’après les 3 premiers jours tout allait mieux. J’hésite à me préparer de quoi vider les intestins et à aller jusque 5 jours…

J’en ai déjà fait 3, alors pourquoi pas 5 ?
Je fais une marche et je me décide pour tenter les 5. BANCO ! BANCO ! …à condition de vider les boyaux ! Parce que ça commence sérieusement à me travailler.
Alors, en fin de journée, je prépare de quoi faciliter la vidange. Les effets sont un peu violents, même si je les connais bien. Je sens que le processus brusque mon rythme interne.

Jusqu’au bout…

Toutes les nuits ont été compliquées pour moi, et le jour je n’avais aucune force pour faire quoique ce soit de mon temps, ce qui a créé de la frustration. Mon mal de gorge a continué crescendo. En parallèle de ces difficultés, j’ai réussi à maintenir une activité physique régulière. Et ça aide, déjà parce que ça prend du temps, ensuite parce que ça permet de changer d’air et donc de se changer les idées, et puis ça permet de sentir que le corps a des ressources.

La reprise

J’ai repris le samedi après-midi avec du jus de légumes et un quartier de pomme. Incroyable & indescriptible. J’étais « calée » jusqu’au soir. J’ai fait mon maximum pour prendre mon temps sur la reprise. C’était amusant de remarquer que j’avais souvent les yeux plus gros que le ventre !

Mon bilan

Je ne suis pas sortie de cette expérience indemne. Le nettoyage forcé des intestins a troublé la paix intérieure et j’ai eu bien du mal à m’en remettre physiquement. J’étais fatiguée et mon mal de gorge s’est amplifié, pour disparaître ensuite. Je ne sais pas si j’étais en train de tomber malade avant de commencer, ou si j’ai pris froid en allant marcher ou si c’est un nettoyage dû au jeûne. Mais ça peut expliquer pourquoi j’étais complètement flagada pendant les 3 derniers jours.
Quelques temps après j’ai fait un soin énergétique pour me remettre de cet épisode et une chose essentielle a été abordée, l’intention. On le sait bien que « c’est l’intention qui compte », ça sonne bateau mais en vrai c’est pas si simple d’être complètement honnête avec soi-même.

Épilogue : l’intention

Si je résume, ma plus grosse difficulté dans cette aventure a été d’y voir clair sur l’intention que j’ai eue. De prime abord, je voulais offrir un espace à mon corps pour faire son « tabula rasa » et donc vivre quelque chose de salvateur, sauf que derrière cette envie il y avait une forme d’injonction, de rigidité et de rigueur qui, selon moi, a créé beaucoup de tensions internes et a conduit à une sacrée rébellion ! Lorsque nous sommes malades, notre corps jeûne spontanément, finalement c’est déjà bien de l’écouter dans ces moments là. Le fait d’imposer n’a pas fonctionné pour moi à ce moment là.
Après, si je regarde plus globalement, mon rêve est quand même de pouvoir participer à un jeûne thérapeutique sur plusieurs semaines. Bon, mais avant d’en arriver là, je suis déjà bien contente d’avoir eu un premier contact avec la pratique… Peut-être que ça me tentera de nouveau à un autre moment. Et là, je prendrai soin de clarifier mes intentions et mes attentes en amont !
Quand je repense à ces 5 jours, une part en moi se sent encore ahurie d’avoir eu l’idée et même d’être allée au bout, une autre a très envie de recommencer et une autre est bien refroidie 🙂

Alors, je ne comptais pas en rester là… Donc pour continuer d’avancer autrement, peut-être avec plus de douceur et de tendresse, j’ai choisi d’expérimenter la monodiète ! J’ai testé pendant 3 jours au passage de l’été vers l’automne. J’ai adoré ! J’ai trouvé cette expérience beaucoup plus simple à mettre en place, plus compatible avec mon rythme de vie et plus légère. Les résultats sont aussi intéressants pour l’organisme… Je vous en parlerai prochainement, c’est promis !

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