La grâce du jeune sec !

La grâce du jeune sec !
21 juin 2018 Cécile Hamet

La grâce ! Non mais quel mot pour une pratique qui sonne -de prime abord- complètement barbare… Et pourtant, et pourtant !

Aujourd’hui je réalise que mon expérimentation du jeûne en général est fortement lié à une amie. C’est souvent elle, quand elle me partage ses réflexions qui me donne des impulsions. Oui, ses découvertes me laissent rarement insensible. La relation de confiance que nous avons me donne souvent l’ouverture pour oser explorer.

La graine…

Début juin, justement, elle était de visite pour un week-end. Nous avions beaucoup de plaisir à nous retrouver et rapidement dans nos conversations elle aborde avec enthousiasme sa nouvelle expérience avec le jeûne sec. Rien que d’entendre le mot « sec », j’ai frémi : « Ouh ! Mais ça doit être dan-ge-reux. » Intérieurement plein de pensées et de warning m’envahissent : « Ouh ! Et les risques de déshydratation » ; « Ouh ! Et pourquoi tant de dureté ? » ; « Ouh ! Mais ça va tout déséquilibrer à l’intérieur ! ».
Pendant ce temps, elle partage son récit et conclue qu’elle trouve cela incroyablement facile et efficace (par rapport à ses objectifs). Elle l’intègre dans son quotidien par le jeûne sec intermittent.

… germe.

Après son départ, je regarde les vidéos qui l’ont inspiré. Force est de constater que tout cela semble très alléchant sur plein de points. Une personne vante toutes les propriétés et l’efficacité avec tellement d’ardeur… Les témoignages sont encourageants aussi. Et premier point positif : tout le monde à survécu et se porte bien ! Cela met à mal beaucoup de mes croyances et inquiétudes.
Pendant plusieurs jours, l’idée trotte en arrière-fond de mon quotidien. Je regarde régulièrement des vidéos tantôt d’explications tantôt de témoignage. Plus le temps avance et plus j’ai envie de tester… Et ça tombe bien, après la douloureuse aventure de mon dernier jeûne, je sens que l’intention qui se construit et qui anime cette envie n’est plus du tout la même qu’avant. Je m’explique : pendant mon précédent jeûne l’intention était : « guérir mon corps ». Hors maintenant, l’intention est « je fais confiance à l’intelligence de mon corps, il sait mieux que moi ce qu’il a à faire, simplement je lui laisse l’espace et le repos nécessaire pour qu’il puisse s’occuper de lui. » Rien à voir en somme !
De plus, cette fois-ci, j’ai vraiment envie d’y aller progressivement (ça aussi c’est nouveau pour moi !^^). Alors un vendredi, je me lance le défi : je testerai pendant 24 h. Ça, c’est simple à caser et je réalise que c’est possible sur le dimanche qui vient. Alors, c’est parti ! Je suis toute excitée ! Une nouvelle expérience à me mettre sous la dent. 😉

Le cadre

Je suis aussi très contente parce que je décide que ce sera un jeûne total et au repos. Le vrai repos, celui où tu es allongée, injoignable et où tu ne penses qu’à toi et à être bien avec toi. J’en ai tellement besoin ! Stopper les ruminations, angoisses et stress par rapport au travail, aux autres, au quotidien, à ce que je dois, devrais faire, bref, une parenthèse de 24 heures qui me réjouit comme la perspective d’un tour du monde pendant un an.

Le samedi soir, je suis invitée pour un anniversaire. Je suis tellement dans la perspective du jeûne que je n’ai aucune envie d’alcool ou de manger à foison. Aussi surprenant que ce soit, cela ne me demande aucun effort et ne procure aucune sensation de sacrifice : une belle confirmation de mon haut degré de motivation et de mon état psychologique idéal.

Samedi 22h30, dernière miette et dernier verre d’eau.

La première barrière difficile à passer pour moi, c’est de me passer d’eau. Par exemple, au quotidien je ne pars jamais sans une bouteille d’eau d’1,5 L sur moi. Depuis plusieurs années j’ai la bouche sèche ou plutôt, je produis très peu de salive (il y a 10 ans environ, on avait suspecté un syndrome de Gougerot-Sjögren). Donc rapport à l’hydratation, je m’engouffre dans un véritable challenge.

Je passe la nuit plutôt facilement et je sens que je peux me reposer sur mon expérience du jeûne (5 jours à l’eau, jeûne intermittent). Je suis confiante, après tout, 24 heures sont vites passées. Au cours de la journée, je suis stupéfaite de constater que le fait de ne pas boire rend le jeûne plus agréable que ce que j’ai connu en jeûne hydrique. Et oui, la sensation de « faim » reste douce et mon corps reste chaud. Avec le jeûne hydrique, au début la faim pouvait être lancinante et je grelotais à tel point que je ne quittais pas ma bouillotte…
Ma stratégie pour que l’esprit ait lui aussi sa part de jeûne a été de me coucher en pensant « repos » dès que je commençais à penser à des choses qui pouvaient engendrer un stress. Et je m’allongeais parfois pendant 10 min parfois pendant 1 heure.

Prolongations ?!

L’après-midi, je constate que c’est tellement simple que je me sens prête à aller au-delà de 24 heures. Mon emploi du temps me le permet, je décide donc que je romprai le jeune le lundi à 10h30, soit 36 heures.
Je vais me promener, fais un peu de ménage, et passe quand même la majorité du temps au lit. Côté sécheresse buccale, ça reste difficile mais gérable. Je garde en mémoire que la véritable soif se sent dans la gorge et jusque là, ma gorge est bien humide. Parfois je sens des « appels » de salive. Je suis surprise de continuer à aller uriner pendant la journée. D’ailleurs, l’envie est différente par rapport à l’envie qui émane du besoin d’éliminer de l’eau ingérée.
La deuxième nuit est plus compliquée. Un sommeil intermittent, pleine d’énergie, je suis tenue en éveil ! Mis bout à bout, je pense que j’ai dormi 4 heures au total. Pas d’inquiétude, c’est normal.
Le lundi matin, je suis donc plutôt en forme, et en même temps, j’ai hâte d’être arrivée à 10h30, qu’on en finisse ! La dernière demi-heure est hyper tendue intérieurement : j’ai de l’énergie pour faire de petites choses, je me sens un peu plus sereine dans ma tête, confiante dans le déroulé des choses et en même temps je veux boire et manger de nouveau.

Lundi 10h30

Malgré le côté, « à bout », je romps doucement en m’hydratant avec de l’eau tiède, que je bois doucement (quelques gorgées tous les 1/4 d’heure) et je me rends compte que finalement ça ne me fait pas plus plaisir… Non, ce qui me donne vraiment envie c’est un petit jus de légumes !

Après la rupture, je reprends tranquillement l’alimentation, surtout basée sur fruits et légumes crus, et plus tard avec parfois des œufs, du pain, du fromage. Plutôt en mode frugal au niveau des quantités, par envie de prolonger le plaisir…

Les effets « collatéraux »

Moins de graisse collatérale, plus de grâce collatérale !?
Le plus dingue dans ce jeûne, c’est tout ce qui a émergé dans les jours qui ont suivi. D’abord, je me suis sentie rassemblée, concentrée, unifiée, et mes priorités m’apparaissaient de manière hyper claire. J’ai moins ressenti le besoin de boire de l’eau en général et le jeudi soir, j’ai senti que ma bouche augmentait sa salivation ! Ça y est je n’ai plus la bouche sèche ! 🙂 Quel plaisir !
Dans la nuit de jeudi à vendredi, j’ai peu dormi et ai eu plusieurs prises de conscience, à en pleurer de joie. Cet état de « grâce » a continué une partie de la matinée :
Quelle grâce de sentir ce que c’est vraiment quand je fais confiance à son corps… Alors que j’ai passé tant d’années à le redouter, à être en guerre, et fâchée de la maladie, quelle grâce de sentir que lorsqu’on lui en donne l’occasion, le corps sait prendre soin de lui, quelle grâce de sentir toutes mes ressources intérieures. Un moment absolument magique, d’une intensité encore jamais vécue. Un grand moment de réconciliation intérieure.

Je souhaite à tout le monde de faire cette expérience, même 24 h.

Je suis hyper motivée pour continuer cette aventure, en l’inscrivant dans mon hygiène de base d’une part et d’autre part en explorant peut-être des durées un peu plus longues.

À bon entendeur !

6 Avis

  1. Francesca 8 mois ll y a

    Bonjour !
    qu’entends tu par Moins de graisse collatérale, plus de grâce collatérale ?

    • Auteur
      Cécile Hamet 8 mois ll y a

      Bonjour Francesca,

      Merci d’avoir posé ta question !
      J’ai pris le temps de relire l’article pour comprendre ce que j’ai voulu dire dans cette expression 😉 Aujourd’hui je dirais que c’est un sous-titre du titre « Les effets collatéraux ». Étant donné que l’on tape dans nos réserves pendant le jeûne et au vu des effets que j’ai ressenti après, je l’ai résumé ainsi, avec un peu d’humour et d’ironie 🙂
      Est-ce que c’est plus clair maintenant ? Est-ce qu’il y a autre chose à éclaircir ?

  2. Francesca 7 mois ll y a

    Bonjour Cécile,
    Merci pour ta réponse,
    En fait je me demandais si tu avais perdu de la graisse. J’en ai tellement sur les cuisses installée depuis longtemps… Je pense que le jeûne sec pourrait m’aider. J’ai déjà fait un jeûne hydrique de 4 jours qui m’a fait énormément de bien. J’attends le bon moment pour faire celui-ci, j’ai pas envie d’empester les collègues au bureau avec mon corps qui dégage des odeurs 🙂
    Bonne journée !

    • Auteur
      Cécile Hamet 7 mois ll y a

      Re-bonjour Francesca,

      Depuis cet article du mois de juin, j’ai pratiqué le jeûne sec régulièrement (au moins 24h chaque semaine) et je me suis effectivement allégée de divers poids (émotionnels (!) et physiques). J’ai d’ailleurs en tête d’écrire un article sur ce tout cheminement.
      Bien sûr le corps s’affine pendant le jeûne. Pendant cette période d’auto-restauration, le corps utilise ses stocks pour faire son boulot d’entretien. Tout ceci fait l’objet de nombreux écrits, études, témoignages etc. que tu dois déjà connaître… Peut-être trouveras-tu sur la toile des indices qui répondront à ta question d’un point de vue physiologique.
      Effectivement, pour le moment, je préfère concevoir le jeûne comme un véritable moment de repos, de retraite, de vacances et je le pratique en dehors de périodes de travail. Et ça me semble tellement intense que j’aime être complètement dédiée à ce moment. Ça permet d’éviter de troubler l’entourage personnel et professionnel et en même temps de se préserver, et de se reposer complètement.
      C’est génial que tu aies déjà une expérience agréable de jeûne, tu peux te reposer là-dessus pour avoir confiance dans le processus et te réjouir de tous les bienfaits.
      Dans tous les cas, il me semble important de garder la globalité de notre être et de ses cycles en tête. Jeûner c’est une chose, manger aussi ! Donner une place à chaque étape et trouver du plaisir dans chacune d’elles me semble essentiel pour nourrir l’affection pour soi et la sérénité.

      Bien à toi
      Cécile

  3. Patrick Dupré 6 mois ll y a

    Bonjour,

    En tant que personne plus âgée -73 ans- je tiens à témoigner de ce qui m’est arrivé car c’est très rare pour des personnes plus jeunes. J’ai un sérieux problème d’hypertension. Mon dernier jeûne de 6 jours en sec a provoqué un manque hydrique dans les reins : une « hypernatrémie ». J’ai passé plusieurs jours à faire des recherches sur mon problème d’hypertension. Je pense que pour une personne qui n’a pas eu ou n’a pas de problème d’hypertension, le jeûne sec ne pose pas de problème ; mais il est évident que pour moi le résultat est très mauvais. Je ne pouvais pas le savoir car il n’existe aucun témoignage dans ce sens.
    Ce problème d’hypernatrémie arrive principalement chez les bébés et pour les personnes âgées.
    Il serait bien de dire aux personnes de faire très attention au jeûne sec si elles ont une tendance à avoir de l’hypertension. De faire des contrôles de la tension réguliers pendant le jeûne. De faire quelques études de jeûne sec de 2, 4 jours et plus pour déterminer si l’hypernatrémie arrive systématiquement et en combien de temps. Je sais que c’est un peu compliqué de bien comprendre cette pathologie…
    Et je ne suis pas un novice dans le jeûne, j’ai un total de 80 jours de jeûne en 16 mois, répartis en plusieurs périodes de 24 heures, 6 jours, 12 et 14 jours, dont 10 en sec. Mon arthrose a disparu à 80% et plein d’autres problèmes aussi !
    Bien à vous,
    Patrick

  4. Catherine 3 semaines ll y a

    Cécile, merci pour ce témoignage très intéressant!
    Patrick, j’ai eu le même genre d’expérience suite à un jeûne et randonnée de 7 jours, durant lequel je n’ai pas voulu me « forcer à boire ». j’ai dû boire environ 1/2 l par jour. Pendant la semaine tout s’est très bien passé à part des moments de lassitude… Des coups de chaleur intenses la nuit… En rentrant chez moi, j’avais le cœur qui battait très vite au repos de 80 à 90/mn alors qu’en temps normal je suis autour de 60 à 64/mn… j’ai mesuré ma tension : de 16 à 18 pour le chiffre supérieur alors que je suis plutôt hypotendue habituellement de 10 à 12. Bien sûr j’étais en semaine de reprise alimentaire très contrôlée et frugale… j’ai eu bien peur et comme vous je n’ai rien retrouvé à ce sujet sur le net… je n’avais pas eu ce ressenti un an auparavant pour un jeûne équivalent où par contre j’avais bu davantage mais sans soif… j’hésite à rejeûner alors que j’en ai très envie…

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