La vulnérabilité

La vulnérabilité
5 décembre 2019 Cécile Hamet

La formule « article sonore » me convient bien pour le moment alors je réitère. J’aime bien l’idée que ce que je souhaite partager soit accessible par différents canaux selon que l’on préfère voir ou entendre.

C’est un peu fébrile que je partage celui-ci…

Ces derniers jours, il y a une thématique qui me travaille un peu. J’ai l’impression que de partager ce qui tourne dans ma tête et mes ressentis pourrait m’aider à poser mon point de vue et ainsi à y voir plus clair.

Voyons ça.

Alors voilà, en ce moment je suis troublée par le « comment je vais », « je vais bien » ou « je vais mal ». En fait, il me semble tabou de parler de mes moments délicats (pour le dire gentiment) surtout du fait que j’évolue dans le domaine du « bien-être » et que j’accompagne des gens dans leur développement personnel.

J’avoue que ça peut faire tâche de dire qu’il y a 10 jours j’en pouvais tellement plus de ma vie que je demandais qu’on vienne me chercher (pour le dire gentiment aussi). Ouais ça le fait pas trop.
Alors si je croise d’autres professionnels du milieu à l’occasion d’événements autant dire que ce n’est pas le sujet que je vais aborder. Oui, je trouve cela tabou. Alors qu’au final, il y a un gentil dicton pour décrire cela « c’est le cordonnier le plus mal chaussé. »
Après pour moi ce qui rend le sujet tabou c’est peut-être la confusion entre la vie privée et la vie professionnelle. Les deux sont bien sûr distinctes. C’est à dire, je sais faire la part des choses et me mettre dans les conditions pour donner le meilleur à la personne qui me sollicite et quand l’interaction est terminée je peux continuer mon chemin personnel pour démêler la difficulté que je rencontre. Et en même temps, ce « comment je vais » conditionne aussi mon ouverture au monde et donc mon attractivité tant personnelle que professionnelle. Hein, il y a 10 jours (si je reste sur ma situation de départ), il va de soi que le téléphone n’a pas beaucoup sonné, et tant mieux pour tout le monde ! Et même sans aller dans cet extrême, il y a des fois où on ne va pas bien et où on reste quand même en pleine possession de ses moyens. Oui, donc en fait ça dépend de où on se place sur l’échelle du « aller mal ». Il y a du « pis aller » qui ne nous coupe pas de notre vie et un autre, un peu plus rude, un peu plus profond, avec son lot de conséquences…

Alors l’idée de cet audio, c’est surtout d’évoquer la difficulté à en parler à des personnes qui sont mes collègues. J’avoue qu’il m’est difficile de me dire que je ne vais pas être jugée. Je n’ai vraiment pas envie de prendre le risque de me prendre ce retour de miroir : « bouh ! Je suis une mauvaise thérapeute ! Je ne suis pas à la hauteur ! Je n’ai pas ma place dans ce milieu ! Je ne gère rien du tout… Je ne suis ni légitime et encore moins crédible ». Bon, je sais que ce sont des choses que je pense de moi au fond, là je regarde les choses en face et je l’avoue, c’est justement mon doute et mon insécurité qui nourrissent ces pensées.

Et en même temps, maintenant que cette tempête est derrière moi, je reprends mes esprits et je regarde ce qui a tenu et je me vois mieux, je me connais mieux, je me ressens mieux. Bref j’intègre ce qui peut être appris de cette étape. Du coup, je retourne vers le monde et selon comment je le sens, j’en parle aux autres, aux collègues… Timidement, je jauge comment c’est accueilli et je vois jusqu’où je peux aller. Et bien, pour le moment les retours que j’ai ne me permettent pas d’aller bien loin. C’est quand même fou.

Et alors aujourd’hui, j’écris ces mots en sachant que je vais les dire et a priori les diffuser… Ce qui me permet de dépasser la peur d’exposer cette histoire c’est que jusque là, parmi les moments marquants de ma vie, parmi ces moments de magie nombreux sont ceux qui ont eu lieu consécutivement à l’exposition d’une vulnérabilité, sincère et authentique. Alors je me raccroche à ça et je me raccroche aussi au fait qu’il ne me semble pas incompatible de vivre des moments d’intense désespoir et d’intense détresse pour être une personne solide et compagnonner sur un chemin de croissance intérieure. Et je sais que nous sommes nombreux à le savoir.
Mais sommes-nous tant à pouvoir l’assumer ? Sommes-nous tant à pouvoir dire : « Je ne suis pas encore arrivée mais j’ai fait quelques pas. Si tu le veux je te les mets à disposition. » ?
Combien sommes-nous à pouvoir dire : « Je crois qu’en fait je ne sais rien de la vie, absolument rien. Je ne vais rien pouvoir t’expliquer ou t’apprendre. Je pensais avoir trouvé un sens et en fait il s’effiloche sans cesse. Par contre, je sais que je suis là et je t’offre ma présence, puisse t-elle te réchauffer et t’aider à voir ce qui est nourrissant. » ?
Combien sommes-nous à voir et accepter qu’au fond nous ne sommes rien de plus que ce que nous sommes ? Un humain, qui dispose d’une seule vie.

A bientôt.

Cécile

0 Avis

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Redimensionnement des polices